Prix de thèse 2026 de la Cour des comptes : Jeanne Bomare, alumna de l'ENS de Lyon, distinguée pour ses travaux sur l'immobilier offshore
Formée à l'ENS de Lyon, puis à la Paris School of Economics, la jeune économiste Jeanne Bomare a reçu au palais Cambon le Prix de thèse 2026 de la Cour des comptes. Ses recherches sur la transparence fiscale internationale éclairent d'un jour nouveau la lutte contre l'évasion fiscale.
Une normalienne de Lyon à l'honneur au palais Cambon. Jeanne Bomare, diplômée de l'ENS de Lyon et docteure en économie (PhD 2025, Paris School of Economics), figure parmi les lauréates du Prix de thèse 2026 de la Cour des comptes, remis lors d'une cérémonie au siège parisien de l'institution.
Créé en 2017, ce prix distingue chaque année des thèses soutenues l'année précédente et jugées particulièrement utiles aux finances publiques, à la gestion publique et à l'évaluation des politiques publiques. Le jury, associant magistrats de la Cour et universitaires, a retenu cette année un travail qui allie rigueur académique et intérêt concret pour l'action publique.
Une thèse au cœur de la transparence fiscale
Intitulée « Essais sur la taxation internationale, la transparence, et l'immobilier offshore », la thèse de Jeanne Bomare a été menée sous la direction de l'économiste Gabriel Zucman, référence mondiale de l'étude des paradis fiscaux. Le parcours de la jeune chercheuse — passée par le master APE (Analyse et politique économiques, promotion 2019) après ses années lyonnaises — avait déjà annoncé une trajectoire orientée vers l'économie publique et les questions de justice fiscale.
Son travail se situe au croisement de deux mondes encore peu explorés conjointement : la fiscalité internationale et l'immobilier offshore. Elle y étudie en particulier la Norme commune de déclaration (Common Reporting Standard), ce dispositif qui organise l'échange automatique d'informations bancaires entre administrations fiscales de dizaines de pays.
Mesurer ce que la transparence change vraiment
L'apport le plus original de la thèse tient à sa démarche empirique : plutôt que de s'en tenir au cadre juridique, Jeanne Bomare a mesuré les effets concrets de cette norme sur les investissements immobiliers transfrontaliers. Autrement dit, que se passe-t-il lorsque l'opacité fiscale internationale recule ? Les capitaux se déplacent-ils, se déclarent-ils, disparaissent-ils ?
C'est précisément ce type de questionnement, ancré dans l'analyse de l'évasion fiscale, que le jury de la Cour des comptes a voulu récompenser : des travaux qui aident les institutions publiques à comprendre — et donc à mieux réguler — les circulations de capitaux à l'ère de la transparence financière.
En distinguant Jeanne Bomare, la Cour des comptes met aussi en lumière un vivier de recherche français, issu des grandes écoles et des laboratoires d'économie publique, dont l'ENS de Lyon.
Crédits photo : © D.R.
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