Je partirai ! – exposition dans le cadre de l'UE « Pratiques curatoriales »
Je partirai ! est une exposition élaborée dans le cadre de l'UE « Pratiques curatoriales » art-3306 ENS-IAC 2025-2026 dirigée par Stéphanie Fragnon et David Gauthier, ENS de Lyon, et l'équipe de l'Institut d'art contemporain.
Commissariat collectif par Jacob Craig-Sharples, Elias Goubet, Anastasia Kiporenko, Elisabeth Marjanovic, Noé Milelli, Clément Morel, Blanche Rondet et Lison Thery.
Avec les œuvres de :
- Bertille Bak,
- Olaf Breuning,
- Daniel Gustav Cramer,
- François Curlet*,
- Douglas Gordon,
- Sylvie Maurice,
- Arno Piroud,
- Gillian Wearing
* Avec la participation de Michael Dans, Pierre Huyghe, Ann Veronica Janssens, John Knight, Marina Pinsky et Christophe Terlinden
Œuvres de la collection IAC-FRAC Rhône-Alpes
Infos pratiques
Visites commentées par les commissaires :
- Lundi 4 mai à 12h et 17h
- Jeudi 7 mai à 12h et 17h
- Jeudi 21 mai à 13h et 17h
Extrait du manifeste
« Devant l’impasse, face aux catastrophes, les guerres, les souffrances aussi différentes soient-elles, “je partirai !”. »
L’annonce esquissée par Stéphane Mallarmé dans Brise marine (Vers et Prose, 1893), il y a de cela deux siècles nous réunit encore aujourd'hui. Nous lisons son poème comme une promesse, le chant mélancolique d’un besoin de fuir et de son impossibilité. Animés par ce même désir, nous souhaitons nous extraire de ce monde malgré sa prégnance qui nous enserre. Se présente aussi un conflit interne, tiraillés entre l’égoïsme de la fuite et sa capacité à libérer autant qu'à rassembler.
Car la fuite ne se résume pas à une simple définition. De prime abord, il s’agit de se dérober face à une responsabilité, une menace ou une violence environnante. Se pose alors la question de ce que ce geste présuppose : à qui la fuite est-elle permise ? Il semble en effet que cette dernière ne soit pas accessible à tous, et reste un privilège indéniable. Fuir, c’est ne pas faire face. Mais loin d’être une lâcheté, elle peut devenir une stratégie de survie. Et, transfigurée par le geste artistique, la fuite se voit dotée d’un caractère esthétique qui, paradoxalement, appelle à l’engagement, là où nous sommes tentés de l’interpréter comme un désengagement du réel.